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« Golden Kamui », le manga à succès interrogeant le rapport des Japonais à la culture aïnoue

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La couverture du premier volume du manga « Golden Kamui », de Satoru Nada, aux éditions Shueisha.

LETTRE D’HOKKAIDO

« Je leur dis de le faire elles-mêmes. Ce n’est pas si difficile et ça leur coûtera moins cher. » Kayoko Nishida est la référence de la broderie de ruunpe, le kimono de coton ou de fibres d’écorce de bois, utilisé pour les cérémonies de la minorité ethnique japonaise des Aïnous. Propriétaire du Cinita, l’un des vingt magasins de l’Akan Kotan, situé dans l’est d’Hokkaido, au nord du Japon, et consacré à l’art populaire aïnou, elle a vu affluer ces dernières années nombre de jeunes femmes. Toutes souhaitaient acquérir un ruunpe – dont le prix peut dépasser 150 000 yens (1 067 euros) – après avoir dévoré Golden Kamui.

Le manga, signé Satoru Nada, adapté en série animée par Hitoshi Nanba, est l’un des plus gros succès de ces dernières années. Publié de 2014 à avril 2022 par l’hebdomadaire Young Jump, il raconte les aventures d’une jeune Aïnoue, Asirpa, et de Saichi Sugimoto, dit « Sugimoto l’immortel », un vétéran de la guerre russo-japonaise de 1904-1905. Plongé dans ce conflit qui révéla au monde la puissance militaire naissante du Japon, le personnage a brillé lors de la bataille décisive de la côte 203, ayant permis la prise de Port-Arthur par les forces nippones. De retour au Japon, Sugimoto l’immortel s’entend avec Asirpa pour retrouver de l’or volé aux Aïnous.

Lire aussi : « Golden Kamui » : le manga qui immerge en terre sauvage japonaise

La version papier s’est écoulée à 19 millions d’exemplaires. L’engouement est tel qu’une importante exposition se tient jusqu’au 26 juin à la galerie AaMo, à Tokyo, avant de tourner à Kyoto, puis à Fukuoka, dans l’ouest du pays.

Coller au plus près de la réalité

Le manga a suscité un regain d’intérêt pour tout ce qui touche la culture aïnoue, que l’auteur s’est employé à reproduire aussi fidèlement que possible, en travaillant avec des universitaires particulièrement pointilleux. « A Hokkaido, il existe des différences régionales dans la culture aïnoue. Il est courant que quelque chose décrit d’une façon dans un document le soit différemment ailleurs. Dans le tome VI, la forme du tonkori [instrument de musique aïnou] n’était pas bonne. J’ai tout redessiné », expliquait-il en 2020, après avoir reçu le Grand Prix du manga.

Cette attention à coller au plus près de la réalité aïnoue lui a aussi permis de décrocher le Prix 2022 de l’impact social au 24e Festival des arts des médias pour « sa contribution à la culture et à la compréhension des Aïnous », selon Kazuhiko Shimamoto, membre du jury.

Le succès du manga profite aux boutiques de l’Akan Kotan. La petite zone commerciale est installée à deux pas du lac volcanique Akan, fameux pour les boules de mousse qui s’y développent et que le Japon a inscrites sur la liste de ses monuments naturels spéciaux. Cerné de forêts d’épicéas de Yezo et de pins de Sakhaline, le lac se situe au cœur du parc national Akan-Mashu – l’un des plus anciens du Japon, créé en 1934.

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