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Tiques et maladie de Lyme : les raisons de la prolifération des cas

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Une tique en gros plan sur fond noir accompagnée du mot apocalypse… Sur la couverture de son dernier numéro daté du 8 août, l’hebdomadaire américain The Nation tire la sonnette d’alarme : la maladie de Lyme, propagée par les fameux acariens parasites, progresse de manière incontrôlée. Les Etats-Unis, à eux seuls, comptabilisent désormais 476 000 nouveaux cas… chaque année. Selon l’organisme à but non lucratif FAIR Health, qui décortique régulièrement les données américaines issues des assurances de santé privées, les diagnostics de la maladie de Lyme auraient augmenté de 357% dans les zones rurales et de 65% dans les zones urbaines entre 2007 et 2021, avec une accélération sur la période récente. 

En Europe aussi, la pression devient plus forte. « On voit désormais des tiques dans des endroits où elles n’évoluaient pas auparavant, confirme la Pr Jeanne Brugère-Picoux, vétérinaire et membre de l’Académie nationale de médecine. Un exemple parmi d’autres : il y a vingt ou trente ans, on n’en voyait pas dans la région des Bauges, entre Annecy et Aix-les-Bains. Aujourd’hui, elles font partie du paysage ». Les médecins le savent et ils soignent les atteintes qui en découlent, des érythèmes migrants à la plus problématique arthrite de Lyme.  

Nathalie Boulanger, entomologiste médicale, dirige une équipe de recherche sur les maladies vectorielles transmises par les tiques à l’université de Strasbourg. Elle confirme la tendance. « Aux Etats-Unis, sur la côte Est, nous observons une large expansion des cas de maladie de Lyme, qui s’étendent vers les grands lacs et pénètrent de plus en plus les terres canadiennes. En France, même si certaines régions, comme le Grand Est ou le Limousin, s’avèrent plus touchées que d’autres, les cas ont globalement augmenté ces dernières années », détaille-t-elle dans un colloque récent, organisé dans les locaux de l’Académie de l’agriculture de France. 

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S’agit-il d’une » vraie » augmentation ou du reflet d’une meilleure sensibilisation des patients et du domaine médical ? Sans doute un peu des deux, confie la spécialiste. Comme pour le Covid, plus on effectue de tests, plus on trouve de patients positifs. Cependant, d’autres raisons contribuent sans doute à la prolifération des tiques, à commencer par l’accroissement du réservoir animal. Les cervidés (très prisés des tiques femelles qui prennent jusqu’à 100 fois leur poids en sang) ont vu leur population nettement augmenter au cours des dernières années. De même que les rongeurs. « Dans la forêt de Sénart en région parisienne, vous trouverez par exemple de nombreux écureuils de Corée, d’anciens animaux de compagnie remplis de tiques », observe Jeanne Brugère-Picoux.  

Des gîtes à tiques formidables

En modifiant son environnement, l’Homme a donc une part de responsabilité dans la situation actuelle. Il agit même sans le savoir à de nombreux niveaux. Le morcellement des terres, par exemple, semble concentrer les animaux (cervidés, rongeures et tiques) dans des bouts de forêts où les contacts physiques se font plus facilement. Dans un autre registre, l’arrêt – à juste titre – de l’épandage de certains produits insecticides dans nos forêts a sans doute profité aux tiques. De même que l’évolution de certaines pratiques en sylviculture. « Moins d’écobuages, davantage de branches laissées au sol après des coupes… Cela crée des gîtes formidables », déplore Jeanne Brugère-Picoux.  

Même le verdissement des villes s’avère parfois problématique. Car à proximité des coulées vertes, les témoignages de citoyens envahis de tiques s’accumulent. « Au même titre que les chauves-souris et les moustiques, ces animaux doivent être surveillés de près », prévient Jeanne Brugère-Picoux. D’autant qu’ils peuvent transmettre d’autres maladies que celle de Lyme. C’est le cas par exemple de l’encéphalite à tique. « Nous assistons actuellement à une hausse des cas dans plusieurs pays européens et notamment en Suisse. Parallèlement, la fièvre de Crimée-Congo transmise par la Hyalomma, une tique chasseuse aux longues pattes, capable de parcourir 100 mètres de distance pour vous piquer commence à toucher l’Espagne, ce qui rend la surveillance nécessaire dans le Sud de la France ».  


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« Faire de la maladie de Lyme un sujet de santé publique majeur est abusif, rappelait récemment le Pr Eric Caume à L’Express. Il n’y a pour l’heure aucun mort répertorié ; et moins de 1000 patients hospitalisés par an en France ». Cependant, la montée des cas nous oblige à nous adapter : nouvelle gestion des coupes dans les forêts, réduction de la population de certains animaux, recherches sur d’éventuels prédateurs des tiques (champignons, nématodes…). De nombreuses options existent. Mais elles ne font pas encore l’objet d’un véritable plan d’attaque. 


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